Le Collectif des Sans-Papiers 13 et le RESF 13 appellent à un
Une politique inhumaine et coûteuse
Sarkozy est passé au stade industriel de sa politique d’internement et d’expulsion des étrangers en entrant dans une "course au chiffre". De 9 000 expulsions en 2003, l’objectif a quasiment triplé en 5 ans pour atteindre 26 000 pour 2008 ! Sachant qu’une expulsion coûte 10 000 à 15 000€…
Les rafles de sans-papiers sur la voie publique ou à domicile (y compris des enfants) se multiplient pour atteindre l’objectif chiffré annuel créant ainsi volontairement un climat de peur, afin que les sans papiers restent terrés sans possibilité de revendiquer leurs droits. Un certain nombre de
citoyens sans papiers, pour échapper à la capture, se sont enfuis par les fenêtres, se blessant gravement, ou se tuant.
Les Centres de Rétention Administrative (CRA) : Des prisons pour étrangers !
Ces CRA, toujours plus grands et plus nombreux, s’assimilent aujourd’hui à des camps de rétention pour satisfaire à la politique du chiffre. A Marseille, celui du Canet, est une bâtisse qui a
coûté plus de 17 millions d’euros à la collectivité. Ouvert en juin 2006, il compte 136 « places » et un tribunal ! (qui statue sur les maintiens en rétention des personnes arrêtées). On y « retient » des
étrangers dont le seul crime est d’être dépourvus de titre de séjour. Il remplace celui d’Arenc (lugubre hangar créé clandestinement en 1964 et qui n’a été officiellement reconnu qu’en 1981).
Ce nouveau centre, l’administration l’a voulu plus « humain », notamment pour pouvoir y enfermer des familles (plus de 300 enfants ont été enfermés en France en 2007). Mais c’est en réalité un univers carcéral : verrouillage électronique, chambre d’isolement pour les éventuels récalcitrants, visites au parloir, « promenade »…
La résistance des sans papiers
Dès lors, quel espoir pour les personnes retenues et vouées à l’expulsion vers leur pays d’origine, même si elles n’y ont plus d’attaches, même si leur sécurité n’y est pas assurée, même si leur vie,
leur famille, leur travail, leur scolarité, leur avenir sont ici ? Les actes de désespoir se sont multipliés dans les CRA en 2007 : grèves de la faim, auto-mutilations, tentatives de suicide… En décembre 2006 un jeune homme turc de 22 ans, était retrouvé pendu dans sa "chambre" au centre de rétention de Marseille.
Et pourtant, les mobilisations récentes dans les CRA d’Ile de France témoignent, malgré la répression, du courage des Sans Papiers à lutter pour leur dignité.
La directive européenne de la honte
Actuellement, la durée maximale de rétention en France est de 32 jours mais une directive européenne pourrait en 2008 la faire augmenter jusqu’à 18 mois ! Il y a urgence à signer la pétition contre cette directive, à interpeller les députés européens, à soutenir l’action des sans papiers.
